Nutrition

Le travail posté pourrait vous faire prendre du poids, selon une étude publiée en 2012 

Pour une gestion du poids réussie, il existe des conditions idéales établies de notre propre gré, ou pas.

En effet, même avec les meilleures intentions du monde, cette gestion dépend aussi de facteurs pas ou peu maîtrisables.

C’est apparemment le cas des conditions de travail, comme l’ont démontré Y. Suwazono et al1.

L’étude

Maintenance, production, surveillance… Le travail posté est devenu nécessaire au fonctionnement continuel (24h/24) de nombreuses entreprises, une forme de travail qui demande néanmoins de braver une certaine norme physiologique.

L’alternance du travail de jour et de nuit peut effectivement provoquer quelques perturbations sur le plan métabolique, lesquelles pourraient s’avérer mauvaises pour le poids.

C’est ce qu’ont cherché à savoir Yasushi Suwazono et son équipe, à travers une étude réalisée au Japon et publiée en 2012.

Cette étude a été menée sur une période de 14 années (de 1991 à 2005), au cours desquelles 4 328 travailleurs de jours et 2 926 travailleurs postés japonais ont été suivis.

Plus précisément, c’est la fluctuation de leur Indice de Masse Corporelle (IMC) qui a été analysée au fil des années, de manière à établir un lien entre type d’horaire de travail et prise de poids.

Le travail posté était organisé selon un enchaînement d’une phase de 5 jours de travail de jour (7h à 15h), en soirée (15h à 23h) et de nuit (23h à 7h), phases entrecoupées de périodes de repos.

Les résultats seront sans appel : les personnes issues du travail posté auront subi une prise de poids bien plus importante que celles issues du travail de jour.

En chiffres, le pourcentage de personnes ayant subi une augmentation de l’IMC de 5 % ou plus était de 47,7 % chez les travailleurs postés, contre 39,6 % chez les travailleurs de jour.

Le pourcentage de personnes ayant subi une augmentation de l’IMC de 7,5 % ou plus était de 28,8 % chez les travailleurs postés, contre 23,4 % chez les travailleurs de jour.

Enfin, le pourcentage de personnes ayant subi une augmentation de l’IMC de 10 % ou plus était de 17,6 % chez les travailleurs postés, contre 13,6 % chez les travailleurs de jour.

 

Comment interpréter les résultats ?

Avant de se lancer dans une quelconque interprétation, commençons par dire qu’une période de suivi de 14 ans allait forcément se caractériser par une prise de poids, celle-ci étant quasi inévitable avec le temps.

Ici, c’est la différence de changement de poids entre deux types de travailleur (de jour et posté) qui nous intéresse.

Et le fait que ce changement soit plus marqué dans le cadre du travail posté nous enseigne, plus largement, que les conditions dans lesquelles est mené un régime alimentaire jouent un rôle clé.

Ici, le fait d’alterner différentes phases de travail serait propice au développement de comportements nocifs pour la santé, incluant ceux associés à une prise de poids.

L’étude le confirmera, en nous indiquant que les pourcentages de consommation quotidienne d’alcool, de tabagisme et d’absence d’exercice physique étaient significativement plus élevés chez les travailleurs postés que chez les travailleurs de jour.

En matière d’alimentation, le bouleversement perpétuel du mode de vie quotidien entraîne invariablement des changements en matière de consommation (préférence pour les repas rapides et faciles à préparer, par exemple) et du nombre de repas pris dans la journée.

Le dérèglement du rythme circadien pourrait également entraîner une diminution de la qualité du sommeil, pourtant essentiel à une bonne gestion du poids2,3.

Ce qu’il faut retenir

Ce type d’étude confirme que, quels que soient vos objectifs, il existe bel et bien des contextes plus ou moins favorables à leur atteinte.

Les modes de vie jouent un rôle particulièrement important et leur bouleversement, ici marqué des changements d’horaires de travail, semble rendre la tâche de la gestion du poids plus difficile.

Pour cause, ces changements sont favorables à l’adoption de comportements (tabagisme, alcool, malbouffe, etc.) nocifs, ainsi qu’à une modification du fonctionnement normal de l’organisme (perturbation du rythme circadien).

Ainsi, avant d’entamer un quelconque programme ou dans le cas où la progression ne serait pas au rendez-vous, assurez-vous que le contexte dans lequel vous vous trouvez est bon.

Nos articles sont purement informatifs et ne remplacent en aucun cas l’avis d’un expert médical. Si vous avez des soucis de santé, consultez un professionel de santé avant de prendre des compléments alimentaires ou de changer radicalement votre régime alimentaire.


  1. Suwazono, Y., Dochi, M., Sakata, K., Okubo, Y., Oishi, M., Tanaka, K., … & Nogawa, K. (2008). A longitudinal study on the effect of shift work on weight gain in male Japanese workers. Obesity16(8), 1887-1893.
  2. Patel, S. R., & Hu, F. B. (2008). Short sleep duration and weight gain: a systematic review. Obesity16(3), 643-653.
  3. Thomson, C. A., Morrow, K. L., Flatt, S. W., Wertheim, B. C., Perfect, M. M., Ravia, J. J., … & Rock, C. L. (2012). Relationship between sleep quality and quantity and weight loss in women participating in a weight‐loss intervention trial. Obesity20(7), 1419-1425.


Vincent Garcia

Vincent Garcia

La rédac

Diplômé d’un Master en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, Vincent décide ensuite de rejoindre un Master of Science en Nutrition Humaine afin de compléter sa formation et fusionner des compétences issues de deux domaines indissociables : le sport et la nutrition. Ainsi, Vincent est à la pointe des connaissances dans ces deux univers qu’il affectionne également sur le plan personnel. La rigueur scientifique, les outils de recherche et la base bibliographique enseignés par sa formation et son expérience professionnelle assurent la fiabilité de ses conseils en nutrition et de ses travaux éditoriaux. Durant son temps libre, Vincent aime faire du sport, étudier et cuisiner.


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