Compléments Alimentaires

Compléments alimentaires et grossesse : quelles recommandations ?

Pendant la période de grossesse, les besoins nutritionnels sont augmentés du fait de changements physiologiques qui surviennent tout au long.

Pratiques, concentrés et parfois gourmands, les compléments alimentaires sont souvent perçus comme une excellente solution puisque, selon leur définition, ils ont pour rôle de compléter l’alimentation pour finalement répondre aux besoins de l’organisme.

Or, avant de se lancer, plusieurs recommandations sont à considérer afin d’éviter toute complication.

 

Obtenir l’avis du médecin

Malgré son caractère naturel, la grossesse demande une certaine rigueur nutritionnelle pour le bon développement de l’enfant ainsi que pour la santé de la maman.

Cette rigueur intègre une dimension quantitative (les besoins augmentent au fur et à mesure de la grossesse) et une dimension qualitative (de nombreux nutriments sont particulièrement sollicités du fait de leur implication biologique). Ces exigences poussent facilement à la complémentation nutritionnelle.

Le problème, c’est que consommer un nutriment à l’excès (par peur d’être carencé, par exemple) pourrait provoquer de graves dégâts pour la femme enceinte et son enfant. De plus, certains ingrédients inclus dans les compléments alimentaires pourraient aussi avoir des effets délétères.

Demander l’avis du médecin s’avère ainsi relativement important avant d’entamer une quelconque automédication. Rappelons que le suivi assuré par le médecin a aussi pour objectif la prescription d’une supplémentation justifiée, en temps voulu.

 

L’automédication à éviter

Les compléments à base de fer


En France, 25 % des femmes sont concernées par une carence en fer, un nutriment dont le rôle est crucial pendant la grossesse (impliqué dans le transport de l’oxygène dans le sang de la mère et du fœtus).

Afin d’éviter toute complication, le médecin en charge du suivi a recours à plusieurs évaluations de manière à déceler une quelconque carence et, le cas échéant, aura la possibilité de prescrire une supplémentation.

Le suivi étant assuré par un professionnel, inutile de procéder à une automédication qui pourrait s’avérer néfaste si elle n’est pas contrôlée. Cirrhose, insuffisance cardiaque, diabète, endommagement des articulations… Autant de conséquences issues d’un excès de fer.

 

Les compléments à base de vitamine D


Impliquée dans la fixation du calcium sur les os (incluant ceux du fœtus), la vitamine D doit également faire l’objet d’une attention particulière chez la femme enceinte.

Et dans le cas où l’alimentation ne suffit pas à atteindre les recommandations, le médecin en charge aura également la possibilité de prescrire une supplémentation.

Cette dernière sera alors introduite à la suite d’une évaluation fiable, ainsi garante de la nécessité d’une telle pratique.

A contrario, une automédication réalisée sans le consentement d’un professionnel et son diagnostic pourrait causer des dommages, puisqu’un excès de vitamine D pourrait engendrer une hypercalcémie et un risque pour le fœtus.

 

Les complexes vitaminés


Les vitamines et minéraux sont impliqués dans pléthore de fonctions biologiques nécessaires au fonctionnement normal de l’organisme.

C’est pourquoi, une complémentation pourrait être considérée comme de mise puisque l’ingestion d’une simple gélule permettrait de couvrir une partie des recommandations.

Seulement, d’un complément à un autre, les doses varient grandement et, en raison de leur caractère toxique lorsqu’ingérés à l’excès, les vitamines (notamment liposolubles) et minéraux pourraient devenir nocifs.

Encore une fois, l’avis du médecin est primordial.

 

Les compléments à base d’iode


Moins réputé que ces prédécesseurs, l’iode est un oligo-élément impliqué dans la fabrication des hormones thyroïdiennes et, puisqu’on en parle, dans le développement du cerveau de l’enfant.

Présent en excès (lors, par exemple… d’une automédication), l’iode pourrait provoquer une hyperthyroïdie ou augmenter le risque de tumeur du corps thyroïde chez l’enfant.

 

Quels sont les ingrédients à éviter

Outre la concentration des nutriments, certains ingrédients qui composent les compléments alimentaires sont aussi à surveiller :

  • La caféine, dont la consommation quotidienne concerne 90 % des français, serait associé à une réduction du poids de l’enfant à la naissance et à une augmentation du risque d’avortement1 lorsque sa consommation est excessive (ne pas dépasser 3 tasses par jour).
  • En raison de sa composition en phyto-œstrogènes (des perturbateurs endocriniens), le soja pourrait avoir un impact sur la grossesse ainsi que le développement de l’enfant (survenue de pathologies à l’âge adulte).
  • La consommation de papaye non mûre ou semi-mûre pourrait provoquer une trop forte stimulation des muscles de l’utérus, à l’origine de fausses couches2. Par précaution, les compléments à base d’extrait de papaye sont donc à éviter.
  • Les fruits de mer sont naturellement riches en métaux lourds (plomb, sélénium, chrome, mercure, etc.), qui possèdent une certaine toxicité pour le fœtus. C’est pourquoi, les compléments alimentaires à base d’algues sont aussi à éviter.

 

Nos articles sont purement informatifs et ne remplacent en aucun cas l’avis d’un expert médical. Si vous avez des soucis de santé, consultez un professionel de santé avant de prendre des compléments alimentaires ou de changer radicalement votre régime alimentaire.


  1. Hinds, T. S., West, W. L., Knight, E. M., & Harland, B. F. (1996). The effect of caffeine on pregnancy outcome variables. Nutrition reviews, 54(7), 203-207.
  2. Adebiyi, A., Adaikan, P. G., & Prasad, R. N. V. (2002). Papaya (Carica papaya) consumption is unsafe in pregnancy: fact or fable? Scientific evaluation of a common belief in some parts of Asia using a rat model. British Journal of Nutrition, 88(2), 199203.


Vincent Garcia

Vincent Garcia

La rédac

Diplômé d’un Master en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, Vincent décide ensuite de rejoindre un Master of Science en Nutrition Humaine afin de compléter sa formation et fusionner des compétences issues de deux domaines indissociables : le sport et la nutrition. Ainsi, Vincent est à la pointe des connaissances dans ces deux univers qu’il affectionne également sur le plan personnel. La rigueur scientifique, les outils de recherche et la base bibliographique enseignés par sa formation et son expérience professionnelle assurent la fiabilité de ses conseils en nutrition et de ses travaux éditoriaux. Durant son temps libre, Vincent aime faire du sport, étudier et cuisiner.


🔥 IMPACT WEEK 🔥 40% SUR TOUT LE SITE | CODE: IMPACTFR Profitez-en ici